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Aviornis International asbl
       Wallonie Bruxelles
Les mesures légales
Les listes rouges

                Actuellement deux organisations internationales définissent le statut des espèces animales et végétales du globe : l'U.I.C.N, qui s'occupe de toutes les espèces et la Convention sur le commerce international des espèces en danger (C.I.T.E.S.).

            Le système actuel de classification des espèces en danger s'est développé à partir des livres ou listes rouges de l'U.I.C.N . Au début des années 1960, le rôle de ces documents était de fournir l'information sur la distribution géographique des espèces en attirant l'attention sur celles qui se trouvaient menacées. Avec le temps, les livres rouges commencèrent à dégager des priorités et à classer par ordre croissant de besoins de conservation, en distinguant des espèces "en danger", "menacées" ou "vulnérables" selon le niveau de risque. Les résultats sont satisfaisants, au moins pour les oiseaux et les mammifères. En revanche, plantes et invertébrés furent moins bien répertoriés, et cette lacune entraîna certains biologistes à suggérer que l'on devrait plutôt concentrer les efforts sur la conservation des peuplements et des écosystèmes en danger. Ainsi certains pays ciblent maintenant leurs lois sur la protection des milieux.

            De nombreux Etats ont utilisé le modèle des listes rouges pour définir leurs propres approches de la protection des espèces en danger. Utile en général, ce système a pu occasionnellement provoquer des bévues. En particulier, un espèce à vaste répartition et en pleine vitalité est parfois perçue comme rare, parce que considérée dans un pays situé en bordure de son aire géographique. L'avocette et le babuzard pêcheur en sont d'excellents exemples. Depuis 1950, ces deux espèces ont recolonisé la Grande-Bretagne, où des naturalistes avisés ont soigneusement gardé leurs nids et suivi leurs populations. Ainsi, ces deux espèces ont inspiré une attention conservationniste croissante, bien qu'aucune ne fût en danger à l'échelle planétaire.

            Autre problème : les listes rouges donnent la plus grande importance aux espèces hautement menacées, lorsque l'espoir d'une protection efficace  au moment de leur inscription est mince. Peut-être serait-il préférable, par souci d'efficacité, de privilégier les espèces pour lesquelles une chance raisonnable d'échapper à l'extinction existe.

            Environnementalistes, juristes et politiciens demandent des moyens - scientifiques et politiques - plus acceptables pour déterminer si une espèces est en danger. Les tentatives légales pour protéger des espèces en danger se heurtent souvent à l'insuffisance de données scientifiques. De fait, on connaît si peu de chose sur la grande majorité des espèces - et moins encore sur leurs rôles dans le fonctionnement des écosystèmes - qu'on se trouve confronté au dilemme suivant : créer des lois pour sauver toutes les espèces possibles ou bien privilégier quelques-unes d'entre-elles qui, exigeant de grandes étendues d'habitat, opérent en tant qu'"espèces parapluies". Légiférer à propos de telles espèces revient à en protéger du même coup une multitude d'autres, relativement inconnues, qui partagent le même milieu. La protection de la chouette tachetée du nord-ouest des Etats-Unis donne un exemple de cette stratégie.